Angola

Posted on Tuesday, 25th March, 2008

 

 

 

EXPOSITION :  TUA DISSANGUÉ BOBA  
 Retrouvailles et Emotions Féminines
  

 

 
Nzuji De Magalhaes : Nziga : USD3000L´irrésistible île aux sirènes accueille, comme deuxième vitrine plastique pour ce mois de mars, consacrée aux Vénus, une démonstration croisée, á points de vue, illustrative, de la remarquable évolution, au féminin, des expressions plastiques en Angola.

En effet, celle-ci présente des œuvres de deux créatrices emblématiques, dans le pays de la Reine Nzinga.

La paire talentueuse a été bien choisie, Marcela Costa et Helga Gamboa.

Les deux  kianda , issues d´une même génération, étale, étonnamment, des parcours similaires, ponctués de cycles de formation dans les héroïques  Barraçao  et  Palacete de l´Union , de dizaines d´expositions individuelles et la participation á une centaine de
manifestations collectives en Angola mais aussi à travers le monde, dans des villes telles que Brazzaville, Sao Paulo, Lisbonne et Moscou.

Elles se sont assurées une présence internationale assez large et de moisson, á divers niveaux, d´importants prix.

De nombreux catalogues ont témoigné du développement de la créativité de ces deux mains habiles, de milliers de reproductions de leurs créations ont été imprimés et une abondante masse critique a apprécié leurs compositions et constructions.

Des interviews ou écrits ont fixé le sens de leurs choix techniques, leur champ d´inspiration et leurs options identitaires.

IDÉOGRAMMES
Toutefois, la fin de la décennie 80, période de plusieurs ruptures, a vu la séparation, géographique, de la paire plasticienne ; la tenace MC choisissant le dur projet de la  Galerie  dans l´île aux  nzimbu  et la courageuse Gamboa, la  galère , dans l´île britannique.

La présente vitrine illustre donc bien des retrouvailles artistiques, dans le sens attendrissant, proto-bantu, de sanga (to meet again) de ce substantif et constitue une occasion d´appréciation comparative du niveau technique atteint et de la profondeur de l´espace thématique exploré.

Bien qu´ayant opté, pour deux disciplines plastiques distinctes, la délectable peinture et la coriace céramique, les deux Eve, se sont rejoints dans le renfort de techniques d´appoint, le support merveilleusement tissé pour la Pasionaria da la Celamar et l´application, militante, d´images.

Satisfaites, elles affichent, désormais, leurs techniques mixtes.

Leur agencement ou montage est fermement enraciné dans les traditions bantu angolaises, celles des pictogrammes de l´Angola oriental, des idéogrammes sur céramique du très silvogonique Mayombé ou des bandes décoratives sur poterie des inspiratrices savanes du sud-est.

Génération rattrapée par la dernière  Guerre de la Double Souveraine , elles mettent en relief, avec dignité, les conséquences humaines et sociales de cet acte de sacrifice national, surtout sur les plus faibles, les enfants et les femmes. Ces petits, qui sont les leurs, et ces mères, qui sont leurs sœurs.

Les messages plastiques des deux  Mama  appèlent, spontanément, sous une variété de couleurs opportunes, á la solidarité envers ces femmes mutilées, victimes de pièges, en plein temps de paix ; ces enfants au regard insondable, la consolidation de la paix, la revendication identitaire, la promotion du genre, l´équilibre familial…

Duo á dynamique technique et thématique véritablement concordante, Marcela et Helga confirment, bien á propos, la voie á suivre pour l´affermissement du concept de l´angolanité dans le développement des arts visuels dans le pays.

Elles rappellent, également, avec une émotion plastique toute pure et maternelle, les priorités sociales du moment, dont la résolution fera de l´Angola, un  dragon  á visage humain.


Simao SOUINDOULA
Historien et critique d´art

 

 

 

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