Posted on Friday 08-06-2007
Nouveau catalogue d´arts visuels
Ce fait régénérateur, anthropologiquement bien ancré, est l´un des principaux points de contribution contenu dans le magnifique catalogue que vient d´éditer á Luanda, la Galerie Celamar, avec le concours des compagnies pétrolières Chevron et Total.
Intitulée « Identité », cette publication présente, pour l´essentiel, sous la flamboyante critique de Simao Souindoula, l´ensemble des œuvres produites dans le cadre de l´incubateur atelier dénommée Coopearte et auquel se sont joints, á coté des plasticiens angolais, leurs collègues originaires d´Argentine, d´Afrique du Sud, du Brésil, de la Corée du Nord, des Etats-Unis d´Amérique, de France, du Portugal, de Sao Tomé e Principe, de Serbie et de Suède.
Scellé en une centaine de pages en quadrichromie, cette publication, généreusement illustrée, dont la couverture reproduit la puissante œuvre « Totem » des alter « Nationalistes » , propose une vigoureuse note d´introduction de l´ancien Commissaire de la Biennale de l´Art Bantu Contemporain, un témoignage du pragmatique
Les participants á l´atelier de l´île ont marqué leur présence dans un large champ de l´expression plastique, allant de la peinture acrylique au design ancré en passant par le dessin á main levée, la sculpture sur ciment blanc, la céramique colombine, le tissage mixte et la photographie digitale.
Et, le résultat prévisible de cet exercice de créativité artistique a été la production de véritables chefs d´œuvres, reproduites dans l´album du « studio » ouvert.
L´on y note donc, entre autres particularités, dans le domaine de la peinture, les délicates acryliques d´Alberto Matondo, la contagieuse esthétique féerique de Manuel de Carvalho « Lef », les excellentes compositions de Ndongala, le « Mac Francisco », la réaffirmation par Nzangela du pouvoir anthropologique des « makishi » (masques) cokwé, et l´intégration de l´admirable java africain par Henrique de Vale.
LICENCE AVANT-GARDISTE
Autres singularités mises en évidence, dans cette modalité, la reconstitution acrylique académique de Nsangu, l´agencement gravuriste intelligemment contemporain d´Alvaro Cardoso, l´adoption de la disposition diptyque par le désormais nouveau Maître du velours angolais Ntangu, les compositions tissées, peintes et enrichies d´applications, de plus en plus enracinées, de Marcela Costa, « La Pasionaria » de l´île aux sirènes et l´attachante peinture picassienne de Mayingui « Sabby ».
Fait inédit, l´on remarquera l´inclusion dans ce catalogue, d´une œuvre de la rare peinture populaire urbaine angolaise, avec Yegi, qui voit, pensif, l´actuelle montée spectaculaire des gratte-ciels dans la vieille cité de Sao Paulo de Assumpçao de Loanda, depuis son inconfortable bidonville de Sambizanga.
Quant á la taille des volumes, l´on y remarque la licence avant-gardiste de Van, les prodigieuses scellées, en ciment blanc, de la surdouée « Kiana », l´étonnante continuité sculpturale de Toko et la néolithique fixation de Gonga.
Autres caractéristiques mises en lumière dans le dernier catalogue de la Celamar, les coïncidences poétiques des prises photographiques du vénérable Paulino Damiao, les effets cosmiques de la digitale de Mabeko-Tali, les suggestives céramiques de Simao Bafuana, les notables incisions sur argile de Mawanda, l´imaginatif assemblage de Fernando « Raf » et l´exemplaire récupération plastique de Manzambi Vuvu.
Les thèmes abordés par les coopératistes, souvent, dans une ambivalence entre tradition et modernité, s´articulent sur plusieurs axes, parmi lesquels, la salvatrice considération de la nature, le sublime amour, la fascinante beauté féminine, la torride fête africaine, les énormes efforts de survie sociale des populations, les rapides gains de la pacification de la terre de la gracieuse Nzinga, le persistant phénomène de la violence domestique, la nécessité du respect du bien public, etc.
Soulignant l´importance de la sortie du recueil de la Troisième Coopérative Artistique, Simao Souindoula l´a placée dans le contexte de la nécessaire réponse aux dérives constatées dans l´évolution d´un certain art africain contemporain, embarqué dans des circuits internationaux, manifestement uniformisants, et qui encouragent des créations faciles ou, franchement, marginales.
Pour lui, cette publication contribuera á l´affirmation, dans les arts visuels, de l´identité culturelle angolaise, pan concourrant á l´indispensable et enrichissante diversité des cultures du monde.
To comment on this article click here.