Angola Art Contemporain
50 000 $ US A SIX ARTISTES PLASTICIENS
C´est la coquette somme que la prospère Société Nationale des Assurances d´Angola vient d´accorder, au total, á six artistes plasticiens du pays, lors d´une mémorable et très professionnelle cérémonie de remise et de vernissage de l´exposition des œuvres primées et autres, sélectionnées. Le Jury de ce concours biennal, qui déroulait sa huitième édition, dans les salons du respectable Musée National d´Histoire Naturelle de Luanda, a été présidé par l´historien et critique d´art Simão Souindoula.
L´un des faits indicatifs de l´importance de ce programme de promotion des arts visuels, la seule initiative d´entreprise prise et institutionnalisée dans ce secteur depuis une trentaine d´années, a été la présence au Musée de Kinaxixi, de diverses personnalités telles que Roberto de Almeida, Président de l´Assemblée Nationale, Pedro de Morais, Ministre des Finances et Boaventura Cardoso, Ministre de la Culture. Le niveau de la cérémonie a été brillamment rehaussé par l´allocution de Manuel Gonçalves, Président du Conseil d´Administration du holding, qui a rappelé le sens de la création en 1991 et de la rapide institutionnalisation, de l´Ensarte, tout en soulignant, au passage, avec finesse et intelligence, les relations de confiance établies entre la couverture assurance et la création artistique.
Six Prix, attribués dans les domaines de la peinture et de la sculpture, et s´échelonnant de 10 000 $US á 5 000 $US, ont été donc remis aux heureux récipiendaires.
C´est á l´inévitable nouveau Maître du velours angolais, au sommet de son art, Marcos NTangu, que le jury a octroyé le Grand Prix de Peinture. Et, c´est son anthologique tableau « Le rêve d´un enfant de la rue » qui a eu le mérite de cette distinction. Le deuxième prix dans cette discipline est revenu, tout naturellement, au talentueux Sozinho Lopes pour son œuvre « Il y a toujours une racine » , résultat d´une utilisation ingénieuse de techniques mixtes et de matériaux non conventionnels.
Le Grand Prix de Sculpture a été, comme il fallait s´y attendre, décerné á l´actuelle grande étoile de la troisième dimension angolaise, Domingos Mabuaka, le fameux Mayembé, pour sa prodigieuse œuvre, en bois, « Au commencement, ce fut l´écorce ». La grande particularité de ce plasticien de génie est d´avoir été formé, exclusivement, dans les réputés ateliers, traditionnels, d´ivoiristes du nord-ouest de l´Angola.
AÉROGRAPHIE
C´est á un ou, mieux, á une autre surdouée qu´a été accordé le second prix dans cette modalité. En effet, celui-ci a été obtenu par Ana Suzana David, la divine Kiana, pour sa virile œuvre, montée á base de ciment blanc, « Au son du tambour ».
Quant aux prix réservés aux jeunes talents, qui ont, en plus, reçu des kits complets de matériel, ils ont été adjugés, en peinture, par la très stressée et sud-africanisée Fineza Sebastiao Teta pour un remarquable autoportrait, élégamment fragmenté, intitulé « A la recherche de mes racines » et, en sculpture, par un habitué des palmes Ensarte, le spirituel Antonio dos Santos Ngola pour son œuvre, en bois, « Kukuxima », un parfait exemple de criativité et de rigueur technique.
L´on notera que le Jury de la huitième levée de l´Ensa Assurances d´Angola, a accordé des Mentions Honorables au sculpteur Antonio Toko Mbozo et au peintre Maleka Eboma, qui évolue á Cabinda.
Appréciant l´ensemble des techniques et des thèmes mis en relief par la centaine des œuvres présentées au concours, Simao Souindoula a fait, á ce sujet, diverses observations.
L´actuel Consultant de la Biennale de l´Art Bantu Contemporain a noté, signe d´une plus grande professionnalisation, l´emploi, croissant, en peinture, de techniques mixtes sur toile, á coté de la traditionnelle huile sur toile, de l´acrylique, de la décoration d´émaux et de l´aérographie. Les sculpteurs continuent la bonne vieille taille sur bois ou sur pierre, tout en essayant le modelage sur le ciment chromatique ou sur le ciment blanc, suivi, dans ce choix, d´applications de matériaux tels la sciure.
Abordant les options thématiques prises par la centaine des artistes, qui a concouru á l´Ensarte 2006, le bantuiste angolais, a mis en relief, parmi leurs grandes préoccupations, l´angoissante modernité, la vitale perpétuation des traditions, la réconciliatrice identité culturelle nationale, l´inévitable synthèse culturelle, les suicidantes inquiétudes existentielles, les perspectives de la Renaissance Africaine, la dévastatrice pandémie du sida, l´indispensable promotion du genre, l´inévitable exaltation de l´amour et l´émouvante maternité.
Le Président du Jury de l´expo-concours a avoué que cette instance a eu beaucoup de mal á ne pas primer des peintres aussi doués que l´expérimenté Gonga, - par ailleurs habile sculpteur - le vétéran José Zan Andrade, l´avant-gardiste Hildebrando de Melo, l´impressionniste José Kembo Mayeko et l´aéreographiste Miguel Alfredo Gonçalves. Cela s´est aussi vérifié dans Le domaine de la sculpture, avec le chevronné Antonio Longui , l´académique Sebastiao Putu et les excellents Amandio Vemba et Sidonio Domingos.
Poursuivant sa revue de la Biennale des Assurances, l´habitué de Dak´Art a souligné un fait important, révélateur des efforts appréciables fournis l´Etat angolais dans l´enseignement artistique, malgré le long conflit armé qui a ravagé ce pays, cinq des six lauréats du concours 2006 ont été formés in loco. Il a précisé, par ailleurs, que les 2 3 des postulants aux prix de l´assureur de la Marginale sont passé par le moule de l´Institut National de Formation Artistique.
Et, enfin, en conclusion, Souindoula, qui est membre du Conseil de Direction du Ministère angolais des Affaires Culturelles, a salué la précieuse contribution de Ensa Assurances d´Angola dans la promotion des arts visuels du pays ; programme qui a été d´un apport décisif dans l´actuelle gestation d´une Loi sur le Mécénat Culturel.
Simão SOUINDOULA
Président du Jury
C.P. 2313,
Luanda ( Angola )